Life art

(traduction of  « L’oeuvre de ma vie » done by myself so sorry if there is some mistakes I’m not bilingual)

I know that the time will walk on my body and put different kinds of marks. Wrinkles, scars and stretch marks gonna be a part of me until one day I become smoke and then really disapear, there will be nobody to even remember me.
But before my body will go though alterations, if I want it or not, nodody can do anything against that. Some scars are already parts of me, each one has its story, on my stomach stretch marks go in every ways just like a drawing of my daughter which would like to say « I was there ». And soon expression wrinkles will adorn my youngful face.

All of this is normal for all of us, the blank canvas that life gave us is going to complete, a lot or a little, fast or quick, everybody knows that. We could think that we can’t do anything against that but in my point of view that’s not totally true.

So no we can’t fight against the effects of times or make our all scars disapear. But we can choose to change more or less our body in a way we like, don’t let the life as the only artist which fill the canvas. To choose to deliberatly change our body due to sport, ink, needle or even scalpel… More or less definive choices which make us a little more master of our look, which have signification that only us understand, a story or which are only meant to be beautiful.
Changes sometimes poorly looked cause not in the society standards. Chosen changes sometimes criticize because they are definive, just like natural changes that happen to our bodies during life. Changes that we think we can judge, on which we think we can give non ask point of view. Changes that are part of us and that we can’t live without or that we regret, they are still witness of what we were.
They have story and as much importance as scars, they’re here and say : I lived, I’m alive, I chose, I was free…

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Under your skin

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Running under your skin your blood make you living.
Running in your brain, you’re up all night long.
Running into your muscles, to much energy you won’t use.
Running just like your thoughts which couldn’t stop to imaginate new possibilities, you create thousand of worlds.
Under your skin, under your mask they could see who you really are, but most of them prefere to enjoy this image you show.
Not me. I want to know what I could find under your soft skin, I want to know what those marks mean, what broke you, what you fought for, why you still stand up and where you’ll go next.
I want to know why you seem so lost and confident at the same time, how can you do that ?
But I stand up behind this wall you built. I wait with patience, knowing that maybe you’ll not open the door. It’s scare me a bit even if sometimes you let me see your light shine.

Courant sous ta peau ton sang te maintient en vie.
Courant dans ton cerveau il te tient éveillé toute la nuit.
Courant dans tes muscles, toute cette énergie que tu ne pourras totalement utiliser.
Courant juste comme tes pensées qui ne peuvent pas s’arrêter d’imaginer de nouvelles possibilités, créant des milliers d’autres mondes.
Sous ta peau, sous ton masque ils pourraient voir qui tu es vraiment, mais la plupart d’entre eux se contente de ce que tu leur montres.
Pas moi. Je veux savoir ce que je peux trouver sous ta peau douce, savoir ce que signifie ces marques, ce qui t’a abimé, pour quoi tu t’es battu, qu’est ce qui te permet de tenir, et où tu comptes aller. Je veux savoir pourquoi tu sembles à la fois si perdu et sûr de toi, comment fais tu cela ?
Mais je me tiens derrière ce mur que tu as construit. J’attends patiemment, sachant que peut être tu n’ouvriras jamais la porte.
Ça m’effraie un peu bien que que je puisse parfois entrapercevoir ta lumière.

Ce qui m’habite

Étrange sentiment qui m’envahit, monte en moi et me prend à la gorge, tétanisant mon corps et mon esprit. Mon ventre est telle une bombe prête à exploser mais dont le tic-tac ne s’arrêterait jamais. Drôle de crispation, presque une douleur que seule moi peux voir, presque matérielle et pourtant invisible aux yeux des autres. L’angoisse m’habite, me rend irrationnelle, un instant disparait puis me submerge et prend le contrôle de mon esprit.
Elle est là comme un petit être vivant en moi, monstre se nourrissant de mes peurs, elle dort parfois mais au moindre faux pas elle se réveillera. Gare à moi si j’ai le malheur de sortir de ma routine rassurante. Elle va me noyer, la vague va m’emporter, j’étoufferais submergée par trop d’émotions à la fois. J’ai besoin de calme, j’ai besoin d’être rassurée par des choses que je connais, l’inconnu me pétrifie. Laisse moi émerger, reprendre pied, l’air n’emplit plus mes poumons mon cerveau ne fonctionne plus de façon logique, je souris mais c’est juste pour tenter de chasser ce petit monstre, cesser de le nourrir.
Et quand je quitterais ma maison je vérifierais plusieurs fois si mes clés sont bien là. Non pas que je pense qu’elles puissent disparaitre de ma poche si je ne les surveille pas, c’est juste mon rituel. Je m’accroche à ces bouts de métal, comme à un doudou, comme à une présence rassurante, chose connu dans ce monde rempli d’incertitudes.
Je lève la tête et trace ma route, l’air paisible alors que la tempête fait rage dans mon esprit, je souris mais c’est pour cacher que je me bats contre moi même. Parfois je gagne, parfois je perds et demain tout recommencera, et demain peut être que je ne penserais pas à tous ça !

L’œuvre de ma vie

Photo par 1093pixels

Je sais que le temps va passer sur mon corps, y laisser ses marques en tout genre. Rides, cicatrices et vergetures qui deviendront une part de moi même jusqu’à ce qu’un jour je parte en fumée et puis que je finisse par disparaître pour de bon, que je n’existe même plus en souvenir car plus personne ne sera là pour se rappeler de moi.
Mais avant ça mon corps va changer subir des modifications, que je le veuille ou non je n’y pourrais rien, personne ne peut rien contre la vie. Quelques cicatrices font déjà parties de moi, chacune à son histoire, sur mon ventre on peut voir des vergetures qui partent en tous sens, comme un dessin que ma fille aurait gribouillé pour dire « j’étais là ». Et bientôt des rides d’expressions orneront mon visage juvénile pour un moment encore.

Tout ça est normal pour chacun de nous, le canevas vierge que l’on nous a attribué à la naissance se remplira, plus ou moins, vite ou lentement, tout le monde sait ça. On peut penser que l’on a aucune emprise la dessus mais ce n’est pas totalement vrai selon moi.

Alors non nous ne pouvons pas lutter contre les effets du temps ou faire disparaître toutes nos cicatrices. Mais nous pouvons choisir de modifier plus ou moins notre corps comme nous le souhaitons, ne plus laisser la vie comme seule artiste pour emplir la toile. Choisir de modifier notre corps délibérément que ce soit grâce au sport, à de l’encre, à une aiguille ou un scalpel… Choix plus ou moins définitifs qui nous rendent un peu plus maître de notre apparence, qui ont un sens que seul nous comprenons, une histoire ou qui ne servent qu’à nous embellir.
Modifications parfois mal vues car non ancrées dans nos mœurs. Modifications choisies auxquelles on reproche parfois leur côté définitif oubliant que les modifications naturelles le sont tout autant sauf que nous les subissons. Modifications que l’on pensent pouvoir juger, sur lesquels on pensent pouvoir poser un avis que l’on ne nous a pas demandé. Modifications qui font parties de nous et sans lesquelles on ne se voit pas ou que l’on regrette, elles restent dans tous les cas le témoin de qui nous avons été.
Elles ont une histoire et autant leur place sur un corps qu’une cicatrice, elles sont là et disent : j’ai vécu, je suis vivant, j’ai choisi, j’ai été libre…

( english traduction available, click here ! )

Elle me rend folle

Ton odeur a envahi mon appartement. Chaque inspiration écrit ton nom dans mon esprit. Je ferme les yeux et sens encore ta peau brûlante contre la mienne.
Bel inconnu reviendras-tu ?
Le souvenir de tes bras m’enlaçant se défait peu à peu alors que je me berce de tendres illusions. Doux rêves qui n’existent que dans ma réalité. Je sais qu’un jour tu vas me laisser, alors j’inspire plus fort, plus longuement, je me délecte de cette senteur que je ne retrouverais peut être plus jamais, qui sait si c’est demain que tout fini ou si tu me partageras encore certaines de mes nuits.
Mon appartement se retrouvera triste et froid. Tu m’auras oublié et moi, je respirerai déjà le parfum d’un autre pour ne pas penser que le tien me manque.
Il partira doucement, devenant de plus en plus léger jusqu’à être imperceptible et j’oublierai ton nom. Je ne me souviendrai plus ni de toi ni de ton regard, ni de tes baisers, ou du moins c’est ce que je prétendrai.

La pièce est sombre mais je peux tout de même sentir ta présence. J’inspire profondément, je me nourris de cette senteur qui n’appartient qu’à toi, elle me rend folle et je crois que toi tu ne le sais pas. Elle m’apaise et me rend douce comme un agneau, elle me réchauffe et je deviens tigresse. Et je profite de pouvoir encore brûler un peu avant que le temps ne vienne souffler la flamme du désir qui m’anime, qui te pousse à revenir…

Où est le soleil ?

Créature des profondeurs, j’ai longtemps vécu dans l’ombre. J’y suis né et mes yeux ont toujours été habitués à l’obscurité. Pourtant je l’ai toujours trouvée triste. Les anciennes légendes qui parlent de la surface m’ont captivé dès le plus jeune âge. Beaucoup diront que je suis bien sot de croire à de pareils fables, mais je continue d’espérer croiser un de ces êtres de lumière un jour.

On racontait que leurs cheveux étaient aussi brillants que les rayons du soleil, ils étaient à la lumière ce que j’étais à la noirceur. Il se disait aussi que de la chaleur émanait de leur corps tout entier comme l’astre sous l’éclat duquel ils dansaient, riaient, s’enlaçaient, vivaient et mouraient…
Un jour j’ai dû abandonner mes rêves d’enfant. Ma mère m’avait toujours répété « garde les pieds sous terre mon fils, ceux qui rêvent ne survivent pas ici ». Ça avait fini par me rentrer dans la tête, elle avait raison, dans le fond. Alors j’avais mis mes livres et mes rêves d’enfant au placard, fermé la porte à double tour pour que personne ne vienne abîmer ce qui au plus profond de moi animait encore l’espoir.

Ce matin une fois encore je sortais péniblement de mon lit, filais me rincer le visage à l’eau froide pour m’aider à me réveiller. Le miroir émaillé me revoyait cette image que je haïssais. Un corps épais, des mains caleuses à force d’avoir passé des heures à creuser toujours plus profond en quête d’eau. Mes yeux étaient complètement noirs à l’exception d’un anneau doré qui cerclait mon iris. Ma peau et mes cheveux avaient exactement la même teinte, comme si je m’étais roulé dans le charbon. Sur mon front, deux bosses qui annonçaient l’arrivé imminente de mes cornes. J’étais bien loin de ressembler à ce que les livres appelaient les esprits de lumières. Leur corps fin et élancé était la grâce même. Leur peau pâle, presque translucide, reflétait la lumière tel la Lune. Leurs grands yeux bleus comme le ciel renfermaient tous les secrets du monde. Sur leur bouche était dessiné un perpétuel sourire, signe de leur bonheur et de leur amour inconditionnel. Ils étaient bons envers chacun et toutes choses. Au lieu de cornes, c’était des ailes qui venaient orner leur dos une fois l’âge adulte atteint. Ils pouvaient s’élever dans le ciel tel des oiseaux fabuleux dont la vie n’était que joie.
Et moi j’étais prisonnier de la terre, j’étais né dans mon cercueil et jamais je ne verrais la lumière…
Le soir je me glissais dans mon lit au matelas dur et aux draps rêches. Et la fatigue abaissait mes paupières pour clore les fenêtres de mon esprit. J’ai vu mon corps, comme dans un rêve, se lever et moi j’étais juste spectateur. Il se mouvait de son propre chef, il voulait partir, il l’avait toujours voulu et maintenant il ne savait plus ce qui l’avait retenu ici tant d’années. Ces mains que je ne connaissais que trop bien se saisirent de la pelle, celle qui pendant si longtemps avait creusé plus profond dans ma prison. Elle s’élevèrent vers le ciel qui n’existait pas ici et l’outil commença à attaquer le plafond, à détruire cette barrière vers la liberté. La brèche finit par laisser passer la lumière, les mains caleuses s’insinuèrent dedans et le plafond finit de s’effondrer. Je grimpais de façon mécanique comme poussé par mon instinct. Alors que j’émergeais de terre, comme naissant à nouveau, la chaleur me frappa de plein fouet. Je levais les yeux vers cet astre immense et gris qui flottait parmi des milliers d’autres petites lumières, le ciel était si sombre. Rien n’était comme dans les livres, une terre aride et noire s’étendait autour de moi jusqu’à l’horizon, tout semblait avoir été brulé par la chaleur et il n’y avait aucune trace d’êtres de lumière. Malgré cela je n’étais pas découragé et continuais d’espérer les trouver. Mes pieds nus foulèrent la terre dure et froide, avançant en direction de l’inconnu, de nul part et de mon but ultime. J’étais à la recherche de la lumière qui manquait à ma vie. Je pensais alors que voir le soleil m’aurait suffi, mais cet astre grisâtre n’avait rien de ressemblant avec la boule de feu que j’avais dans mon esprit, alors je continuais de courir après un rêve, une fable qu’on m’avait raconté. Où était donc mon soleil, celui qui illuminerait ma vie ? La différence de température entre l’air brulant et la terre froide dont je venais créait un frisson perpétuel qui parcourrait mon corps en tous sens.
Je marchais des heures durant et dû me rendre à l’évidence que le monde à la surface était bel et bien détruit et que ce racontait mes livres était des fables. Désespéré, je m’étais laissé tombé sur le sol, j’avais enfoui ma tête entre mes mains en pensant à quel point j’avais pu être stupide. J’étais perdu au milieu de nul part et il m’était impossible de savoir d’où je venais, j’avais marché trop longtemps dans ce paysage sans repère.

Je suis resté là allongé sur cette terre stérile alors que le ciel s’éclaircissait peu à peu. Une étrange chaleur envahissait progressivement l’air. Et alors que les premiers rayons de ce qui devait être le soleil apparaissaient à l’horizon quelque chose de froid et humide se posa sur mon épaule. Une petite main aux longs doigts fins se glissa dans la mienne et me tira pour m’aider à me lever. Une femme fluette à la peau très claire et au grands yeux jaunes prononça des mots que je ne comprenais pas. Elle était complètement nue. Ne lâchant pas ma main elle partit en courant en direction de je ne sais quoi, m’obligeant à la suivre alors que le soleil commençait à rendre la chaleur insupportable. Elle avait une foulée souple bien qu’étrange, comme si elle n’était pas totalement à l’aise avec cet exercice. Sa longue chevelure flottait derrière elle tel un étendard d’or. Sa peau semblait comme recouverte d’un étrange film qui lui donnait un aspect luisant. Je remarquait alors que ses pieds ne possédaient pas d’orteils et que c’était cela qui lui donnait cette drôle de démarche. Je levais les yeux vers la main glacée qui était toujours glissée dans la mienne, elle était palmée.
Nous arrivâmes devant une immense étendue d’eau, sa main se faufila hors de la mienne et elle plongea la tête la première sans faire aucun remous, comme si elle n’avait pas brisé la surface de l’eau. Elle ressortit la tête et me fit signe de la rejoindre. Je suivis donc l’être de lumière que j’avais cherché à voir pendant si longtemps. J’entrais peu à peu dans l’eau tiède, une main me tira vers le fond soudainement, j’eus à peine le temps de prendre une grande inspiration avant d’être immergé complétement. Elle me tirait avec une force incroyable venant de quelqu’un d’aussi fin. Elle progressait à vitesse rapide sous l’eau, toujours vers le fond. Je pouvais voir qu’elle était dans son élément, elle était gracieuse. Celle que j’avais imaginée virevoltant dans les airs était en réalité une créature sous marine. L’air commença à manquer dans mes poumons et une étrange sensation m’envahit, comme un désir pressant d’ouvrir la bouche pour happer une goulée d’air. Ma main se crispa sur celle de la jeune femme, elle se tourna vers moi, apposa sensuellement ses mains sur mon visage, et doucement approcha ses lèvres des miennes. Alors que nos bouches se lièrent dans un baiser elle insuffla de l’air dans mes poumons mal en point, faisant disparaitre les petites tâches noires qui commençaient à danser dans mon champ de vision. Elle me saisit de nouveau pour m’entrainer dans les abysses. Il faisait de plus en plus sombre, mais mes yeux connaissaient la noirceur. Je pouvais parfaitement distinguer les créatures marines qui ne semblaient pas étonnées le moins du monde de notre présence. Elle s’engouffra dans une grotte, puis du pied poussa sur le fond marin, nous émergeâmes. Je pris alors la plus grosse inspiration de toute ma vie. Une faible lueur éclairait l’endroit, elle provenait d’une sorte de lampe fixée à la paroi de la grotte sous marine. Elle était déjà hors de l’eau essorant ses cheveux, les tordant dans tous les sens. Elle me sourit, me parut encore plus rayonnante, puis attrapa la lampe et me fit signe de la suivre. Je m’extirpais tant bien que mal de l’eau. Je la suivis le long de tunnels étroits qui me rappelaient étrangement mon chez moi. Une lumière brillait tout au bout, plus je m’approchais et plus elle brulait mes yeux conçus pour l’obscurité, m’obligeant à mettre ma mains devant la source de lumière et à fixer mes pieds. Le long couloir donnait sur une salle immense, je me trouvais dans une ville souterraine cachée sous l’eau. Tout était très -trop- lumineux ici, les maisons aux murs blancs et aux volets colorées, les champignons diffusant une douce lumière qui poussaient un peu partout sur les parois. Je ne puis regarder plus la ville car à nouveau elle m’entraina derrière elle filant dans les ruelles sinueuses. Elle ouvrit vivement une porte et me poussa à l’intérieur avant de refermer derrière moi me plongeant dans une obscurité rassurante. Je m’étais assis sur le bord du canapé et je crois que j’ai fini par m’endormir.
Le bruit de la porte me fit sursauter. Elle ferma le verrou puis s’approcha de moi avec des livres à la main, elle en ouvrit un délicatement, le posa sur mes jambes et approcha la lumière des pages. Celle de gauche était recouverte d’une écriture qui était indéchiffrable pour moi celle de droite était un dessin. Il représentait des êtres vivants à la surface, des êtres comme moi, pas des créatures de lumière comme dans les livres de mon enfance. Elle posa son doigt sur le dessin puis le pointa vers moi, les yeux emplis d’espoir. Je fis signe que non de la tête, la lumière dans son regard disparut. Je cherchais dans la pièce et finis par trouver, de quoi dessiner. Je lui montrais alors à travers des croquis ce qu’était ma vie, elle fit de même. Elle aussi avait rêvé toute sa vie de la surface, un jour elle avait fini par y aller et découvert cette terre détruite, ravagée par nos ancêtres communs qui avaient habités la surface dans une époque lointaine. Le soleil était bien trop brulant pour pouvoir y vivre maintenant, elle sortait parfois la nuit profitant de sa tiédeur, mais elle ne pouvait rester trop longtemps hors de l’eau qui était son élément. C’était lors d’une de ses sorties qu’elle m’avait trouvé. Cette ville souterraine n’était plus que très peu habitée par les rares personnes qui n’étaient pas devenue des êtres sous marins. Elle s’était aménagée un deuxième chez elle ici, j’aurais pu rester avec elle mais j’aurais dû vivre caché en permanence, ses compères n’auraient pas été aussi heureux de me voir qu’elle. Je ne voulais pourtant pas retourner tout de suite chez moi, je décidais donc de rester un peu.
Je suis resté un, deux, quatre, six mois… J’ai commencé à apprendre sa langue, elle a commencé à apprendre la mienne, j’ai commencé à entrer dans sa vie, elle a commencé à entrer dans mon cœur et je ne voulais plus partir. Mais des rumeurs sur ma présence commencèrent à courir dans la cité, il fallait que je m’en aille. Nous avons fait le chemin en sens inverse vers la surface, nous nous sommes retrouvés là sous la nuit étoilée, ses yeux dans les miens, je savais que tout irait bien. La nuit nous appartenait et j’espérais qu’elle durerait une éternité.

Et les deux amants s’allongèrent l’un à côté de l’autre sous la lumière de la lune, voir le soleil n’avait désormais plus d’importance, ils avaient tous deux trouvé la lumière qu’ils avaient si longtemps cherché.

Mâle être

Cri qui meurt dans ma gorge avant d’avoir atteint ma bouche, étouffé par le masque du sourire que je porte quotidiennement.
Je marche, progresse, vieillis au milieu d’inconnus qui ne connaissent que l’enveloppe invisible qui entoure mon âme. Ils s’en contentent car l’image qu’ils perçoivent les satisfait. Je suis quelqu’un de normal, une ombre dans la foule, je ne sors pas du rang et je me meurs, étouffé par ce monde qui m’oppresse.
Profonde inspiration qui emplit mes poumons, pourtant je me sens toujours aussi vide, inutile et insignifiant. Le soleil a beau réchauffer ma peau, mon cœur est toujours glacé. Incapable d’aimer, je me réfugie dans les relations éphémères, qui le temps d’un instant me font me sentir important.
Je me réconforte dans ses bras tendres, écoute ses doux mots, m’apaise au contact de ses baisers et caresses,je me nourrie de sa chaleur, mais ne m’expose pas. Je ne lui donne rien à part de l’espoir. L’espoir qu’un jour je puisse m’ouvrir, lui rendre son amour, que je puisse vivre à ses côtés et être heureux, pourtant je suis déjà mort.
Je m’accroche à ce sentiment de pseudo liberté, me coupe des belles choses qui pourraient m’arriver. Je pourrais essayer, mais ce serait prendre un risque et je ne veux pas être blessé. Enfermé dans ma carapace, je te laisserai voir mes failles, tu essayeras de panser mes plaies, ne sachant pas qu’au fond de moi je ne veux pas guérir, je me complais dans ma souffrance rassurante.
Je plonge au fond de mon verre et me nourris de ce liquide doré que je crois salvateur. Il ne l’est pas, mais me permet d’oublier. La fumée envahie mon appartement, je suis détendu, mon âme est aussi grise que le fond de mon cendrier. Je suis satisfait à présent… Pourtant demain sera encore aujourd’hui.