Petit garçon sur la plage

L’immense plage était déserte, enfin presque… Seul un petit garçon y était assis. Plus personne ne venait depuis longtemps voir la mer. Les bigorneaux qui jadis régnaient en maître sur ces lieux avaient laissé place aux détritus.

Seul cette âme si jeune pouvait encore voir la beauté de l’endroit sous la saleté. Il fermait les yeux , assis sur un coin de sable soigneusement ratissé, et écoutait l’éternel va et vient de la mer. Il rêvait du ciel bleu, comme ceux que l’on voyait dans les livres pour enfants. Mais ce qui le fascinait le plus, c’était les étoiles. A sa naissance elles avaient déjà disparues depuis nombres d’années, cachées par l’épais nuage de pollution.
Il revenait donc tous les jours, et à chaque fois se faisait cette promesse : il partirait dans les montagnes, au dessus des nuages et verrait les étoiles !
Chaque soir pourtant il rentrait chez lui. Dans ce minuscule appartement puant et kitch situé au dernier étage d’une tour. Il devait repasser par la ville surpeuplée qui sentait les égouts, la sueur, la fumée, le pot d’échappement, la mort…
Ses parents rentraient épuisés du travail. Chacun s’installait devant son assiette et écoutait la « poupée » qui présentait le journal tenir des propos toujours plus alarmant sur l’état de la planète.

Les jours passent, se suivent et se ressemblent…
Mais le père du petit garçon vint à tomber malade. C’était ses poumons et personne ne pût rien y faire. La mère le suivit peu de temps après, voilà le petit garçon obligé de mendier pour vivre. Les gens passent le regarde d’un air dégouté. Il ne comprend pas pourquoi, lui à qui on disait si souvent qu’il était « un beau petit ».

Il se souvint alors de son rêve, prit le peu d’affaire qu’il avait et partit direction la montagne. Il marcha pendant des jours et des nuits, croisant de moins en moins de gens sur son chemin. L’oxygène se raréfiant sa respiration devenait haletante. Chaque pas était plus difficile que le précédent. Ses jambes menaçaient de céder sous son poids. Quand était-il devenu si faible ? Il s’assit sur un rocher car ses jambes ne pouvaient tout simplement plus faire un pas de plus. Le soleil orangé passa derrière un pic, puis fut engloutit par le massif.
Enfin il les voyait ! Il s’allongea dans l’herbe pour mieux les contempler, et aussi parce qu’il avait le souffle court, du mal à respirer. Elles brillaient de mil feu. Un large sourire édenté se dessina sur son visage. Il tendit ses mains vers le ciel, comme pour se saisir de ces petites lumières. Mais à qui donc étaient ces vieilles mains si fripées ? Tant de temps avait-il dont passé ? Il était bien loin le petit garçon sur la plage…

Et le vieillard, dans un souffle, partit rejoindre ses biens aimées.

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