Arc en ciel

Je fais un dernier bisou à ma fille et lui souhaite de bien s’amuser alors qu’elle rentre déjà saluer ses amis.
« Ah non ici on travaille !  » me reprend la maîtresse. Je lui sors mon plus beau faux sourire. Je tourne et retourne cette phrase dans ma tête, et ne puis m’empêcher de la trouver triste à mourir. C’est donc cela qu’on enseigne à nos enfants dès la maternelle ?
Depuis quand apprendre à cessé d’être un plaisir, les enfants adorent ça dès leur naissance, imiter les grands, faire des « expériences »… Tous ça fait parti d’eux, de nous mais nous l’oublions.
Cette société veut-elle vraiment que nous passions la plupart de notre vie à travailler sans le moindre amusement ?
Pour ma part tout ça n’a aucun sens ! Je ne m’imagine pas me lever et gâcher ma vie dans un travail qui m’ennuie, ne me passionne pas, ne me permet pas de m’amuser, ne me challenge pas et ne me pousse pas à me dépasser…
On attend des enfants qu’ils soient des machines à bonnes réponses et rentrent bien dans le moule. On ponce les angles de leur personnalité et leurs émotions débordantes, qui nous fatiguent, nous demande de la patience et de la compréhension. Nous brisons nous même notre futur en conditionnant nos rêves pour en faire des pensées préformatées, grises et sans saveurs.
Célébrons les arcs en ciel, c’est eux qui feront de ce monde, un monde meilleur !

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Aurore givrée


Ce jour là, j’ai tenu tes mains, je les ai caressées en tous sens pour m’imprégner de cette sensation. Une part de moi savait que c’était certainement la dernière fois que je les touchais. L’autre pensait que j’aurais au moins le droit à un au revoir. Je n’avais pas compris que tu étais déjà en train de faire le tien.
Et j’ai déjà oublié la sensation de tes mains dans les miennes. J’ai oublié ta voix, ta peau, ton odeur. Me reste le souvenir de tes yeux rieurs.
Tu m’as prise dans tes bras et tu m’as dit que tu partais, je pensais que nous allions discuter.
Le désespoir m’a envahie, il a laissé place à la rage puis à la tristesse.
Et chaque soir quand je me glisse dans mes draps froids, je ne peux m’empêcher de penser que plus jamais ton corps ne les réchauffera, plus jamais ton bras ne m’enveloppera

Magie du mexique

Il y a longtemps, lorsque j’étais encore enfant, j’ai reçu un bracelet. Il venait du mexique et avait été tissé par les derniers descendants des mayas. Alors que l’on me nouait le bracelet au poignet on me dit de faire un voeu, qui se réaliserait une fois le bijou rompu par l’usure et jeté dans un cours d’eau. Je fis, ce jour là, un voeu innocent mais puissant. Un voeu que je ne pouvais révéler à quiconque sous peine qu’il ne se réalise jamais.
Huit ans plus tard le bracelet était toujours intacte, bien que je l’eus porté tous les jours pendant de longues années. Et un jour j’ai cessé de le porter, puis je l’ai oublié.
Quand je t’ai rencontré soudain toute cette histoire de voeu m’est revenue. J’ai eu beau chercher désespérément ce bracelet, il me fut impossible de le retrouver. À ce moment j’aurais voulu que tu le brises, comme pour rompre mon pacte avec lui. Maintenant je n’en ai plus besoin.

Je me souviens de tes mots de samedi soir, ils sont gravés dans ma mémoire et dans cet instant qui n’appartenait qu’à nous. C’était tellement inattendu, c’était tellement spontané et vrai. J’ai trouvé ça beau.
Quand j’y repense je ne sais pas si je dois pleurer ou sourire, tu dois trouver ça idiot. C’est vrai que je savais depuis quelques temps, mais t’entendre le dire c’était différent.
Sans le savoir tu as brisé ce bracelet et exaucé mon voeu d’enfant.
« Aimer et être aimer », ce n’est pas une chose facile, d’autant que parfois un amour partagé ne suffit pas à faire vivre une relation.
C’est pourquoi pour le futur je nous souhaite une bonne dose de communication bienveillante et de compréhension, je nous souhaite de grandir ensemble tout en nous épanouissant tous deux personnellement.

J’aime à imaginer qu’aujourd’hui le bracelet s’en va dans un cours d’eau. Il s’éloigne de moi et met fin à une partie de ma vie. Je le vois emportant certaines de mes faiblesses et de mes insécurités que tu as malgré toi aidé à partir.
Au revoir enfant au bracelet, bonjour femme au collier !

La chaleur de l’aube

Je ne te le dis jamais mais j’adore le matin quand elle se réveille et vient dans le lit. Elle arrive, j’entends ses petits pas patauds et elle se glisse à mes côtés. Je suis serrée entre vous deux, souvent dans la position la plus inconfortable au monde. Ses petites mains cherchent frénétiquement le contact, de mes cheveux, de mon visage et parfois de ta peau. Ton bras nous enlace de temps à autre toutes les deux. Il se glisse au dessus de nos deux corps frêles et les entoure avec une fermetée délicate. Alors enfin vos deux souffles s’alourdissent, vous êtes peu à peu à nouveau entraînés par le sommeil. Je vous écoute vous endormir, je suis bercée par le rythme lent et régulier de vos deux respirations asynchrones.
Souvent je profite de ce moment à votre insu, parfois il m’arrive de vous rejoindre.
Mais toujours je ne puis m’empêcher de penser que maintenant, à cette instant, on est la plus belle des familles.
Je suis finalement ramenée à la réalité par l’inconfort de la postion dans laquelle je me trouve, pourtant une fois que la magie s’arrête, j’ai hâte d’être le lendemain.

Et je sais que demain viendra pour la petite meute.

Cycle de l’éternité fugace

Je suis toujours étonnée de la capacité que le temps a de s’étirer et de se compresser.

L’horloge est pourtant bien réglée et son sempiternel tic-tac est d’une constance presque effrayante. Malgré cela, dans nos esprits parfois le temps s’allonge alors que résonnent plus fort les pas de la trotteuse. Et d’autres fois un battement de cils semble nous faire voyager, en un éclat de rire des heures sont passées.
Et j’aime ces longs moments qui paraissent être des instants, qui se résument à une suite de sensations, où mes pensées accaparantes n’existent plus car elles n’ont simplement pas leur place dans « le maintenant ». Je pourrais rester des jours à nager dans la chaleur de ces moments et toujours avoir l’impression qu’ils ont été aussi rapides qu’une expiration.
Nous finissons bien évidemment toujours par retrouver le froid et le poids des secondes écrasantes. Nous les maudissons de temps à autre, je pense qu’elles nous permettent de mieux apprécier les instants.
Nous passons ainsi de l’éternité à la fugacité, et l’équilibre est maintenu.

I am condemned to immortality

Je suis condamné à l’immortalité (version française)
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Anyone would dream to have my role, anyone would enjoy its immortality, its freedom… But not me. First I really liked this work, living my life by proxy. Hid behind my screen, one clicks and I have the power to change the destiny of all those people.
Yes I am a life director, I think that you have guessed it. I am condemned to immortality I’d love this but then I met her. Well no, we didn’t know each other, I had discovered her file in fact. And when I understood what she was, I discovered freedom.

I imagined her lovely even if on her identity picture she wasn’t really pretty. She had big eyes, big child eyes. I understood quickly that no matter what I had changed on her file her life still goes on, I couldn’t lead her. I should have reported to her I know it, but she was so pure…
I could see her life happening under my eyes, for her every moment was precious, she had the ability to be amazed by everything and nothing. I think I was a bit jealous of her, I would like to look like her and leave this system.
The more I watched her the more I wanted to commit a folly. I had to see her! I was well aware that it was forbidden to be in contact with the file but I couldn’t see her live by far anymore. I wanted to live with her, I wanted her to teach me to breathe the life, I wanted her to show me the difference between survive and live, to point at happiness and invite me to dive into it with her, to splash her joy out on me, to tell me that the life had no meaning but that it doesn’t matter if we could see beauty in everything around us, if we know how to love the moments. I wanted to see the world with her eyes, to feel the cold air fill in my lungs, to listen leaves rustle in the wind like a symphony, I wanted her hands to stroke my hair, to embrace life and that everything stops being insipid.

So I did it, temptation was so big even bigger than the scare. I knew her habits by heart, I was the voyeur of her life, the spectator of her wonderful travel which unlike mine, was ephemeral.
I knew that she came here take a coffee every Saturdays, it was a moment just for her. So I went there. I remember saw her from faraway, she had soft gait sometimes stealthy smile crossed her face, I knew she was thinking about simple but happy things and it made me smile too. I still remember her flowing dress moving in the breeze for each of her step. It was light pink with red pattern on the bottom border. But I prefer remembering it as a white dress, it gives her a more angelic aspect. In my memory she seems to be an apparition, wind carries to me her sweet perfume. I can see her hair moving in every ways and some strands whipping on her face. I still hear the sound of her sandals resonate on road. I see this sun’s rays alight on her, I see her lean back her head to totally enjoy heat that it can give her, her big eyes crease, her pulpy mouth stretch. I would like to live the moment again and again.
The first time I just watch her by far, second and third time too. The fourth time she smiled at me and I decided to start conversation.
She liked to speak about everything, nothing bored her. Hours were seconds when she was there and her laugh made the time stop. It raised in silence or brouhaha and didn’t care about annoying people around, didn’t care to be too noisy, and I loved it.
She was the most beautiful thing I never known, shinny like a star she quickly became the heat my heart needed to beat louder.
Walks with her was rediscovered the world, everything fascinated her, her cellphone in her hand she took pics of anything without forgetting to relish each moment and keep it in her memories. Sometimes she looked at me the same way dive her eyes in mine, I had the impression that she could read my soul, that she intuitively knew everything about me. But I couldn’t say the truth to her about who I was, I never could. Maybe I should have…
With her I  became carefree, I learned to love, love the life, love the silence, love music, love to sleep, love those nights that never end, love to see her, love to feel her hot look on me, love simplicity, love complexity, love her smell, her voice, the taste of her lips, the softness of her skin, her always comforting presence. It could have last forever. But…

But she wasn’t like me and the signs of passing time started to show up. That was at this moment I understood that I could never live with her. I divested her of normal life. So I got out of her life.
Mine became again what it always was but nothing was the same, everything seemed cold to me. I have not been able to stop myself to follow her life from where I was. She finally got over our break up, not me.
But it wasn’t the most unbearable, one fucking day it had to have a last breath, everything ended and she really left me. This day I wished to can die with her.

I’m a life director, I’m condemned to immortality.

Esprit embrumé

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(english version)

Jour gris je te déteste. Je hais l’air froid que tu apportes avec toi. Derrière ma fenêtre je regarde ce ciel désaturé que je trouve bien triste. Mon esprit semble comme dans le brouillard. A l’image du ciel je n’ai pas choisi si le soleil brillerait ou si je laisserais place à l’obscurité. C’est une journée indécise.
J’entends ton souffle lent et régulier. Dois-je te réveiller pour profiter de tes bras, ta chaleur, de ta vie ? Dois-je profiter du calme et de la sérénité de ma presque solitude ?
Je ne sais alors subis le temps au rythme des bruits de pas de la trotteuse. Déterminée, elle avance toujours régulière et contrairement à moi ne se pose pas de question, rien ne saurait l’arrêter dans sa folle course. Alors que moi sens cesse je m’arrête, reprend mon souffle, hésite, change de chemin, fonce tête baissée sans réfléchir, puis me retourne pour voir la route cabossée que j’ai choisi d’emprunter.
De là où je suis je peux voir l’autoroute de la normalité menant de façon certaine à l’oubli et à la mort, mais où se complaisent des milliers de gens. Ils voient mes chaussures abimées et pleines de cailloux et se demandent pourquoi je ne retourne pas sur le droit chemin. Mais ils ne savent pas les paysages qui se dessinent sous mes paupières lorsque je les clos. Tant de couleurs que je tente de leur décrire mais qu’ils ne comprennent pas. Tant pis…
Mais parfois je me sens seule sur cette route que j’ai choisie. Elle a pourtant croisé d’autres chemins qui finalement ne menaient pas à la destination faites pour moi. Parfois j’aimerais savoir où je vais et si un jour quelqu’un ira au même endroit. En attendant je suis là, et je continue d’avancer, peu importe mes peurs car je pense être sur la bonne voie.
Et déjà tu t’en vas, je sais que tu reviendras pourtant ce moment n’était qu’un instant, une seconde. J’aurais dû te réveiller.

Foggy mind

 

Grey day I loathe you. I hate the cold air which come with you. Behind my window I look at this unsaturated sky which seems so sad to me. My spirit is in fog. Just like the sky I didn’t choose if the sun will shine or if I will let the darkness take over me. That’s an undecided day. I hear your slow and regular breath. Must I wake you up and enjoy your arms, your heat, your life ? Must I enjoy the quiet and the serenity of my almost loneliness ?
I don’t know so I go through the time at the rythm of the second hand’s steps sound. Determinate, it keep going always regular and unlike me never wonder, nothing can stop it in its crazy race. And me, I always stop, take deep breath, hesitate, change of way, rush without thinking, then look behind to see the battered road I chose. Where I am I can see the motorway of normality that lead to oblivion and death but where thousands of people wallow. They see my damaged shoes full of rocks and ask themselves why I don’t go back to the right way. But they don’t know all the lands which draw under my eyelids when I close them. So much colors that I try to describe but they don’t understand. Whatever…
But sometimes I feel alone on this road I chose. It met other path yet, that finally lead to destination not made for me. Sometimes I’ld like to know where I go and if someone will go to the same place one day. Waiting it, I’m here and keep going no matter my fears cause I thing I’m on the right lane.
And you already leave, I know you will come back still this moment was just a second. I should have woke you up.